Néoplasie vulvaire

Le cancer de la vulve est le quatrième cancer gynécologique en fréquence. Ce type de néoplasie est fréquemment retrouvé en post-ménopause, cependant on note une diminution de l'âge d'incidence dans les dernières années. L'augmentation de l'incidence des pathologies précancéreuses liées au VPH chez la jeune femme semble être responsable de l'abaissement de l'âge d'incidence. Les facteurs de risques sont: tabagisme, dystrophie vulvaire (type lichen scléreux non traité), lésion intra-épithéliale cervical ou vulvaire (précancer), infection au VPH (virus du papillome humain), syndrome d'immunodéficience et une histoire antérieure de cancer du col utérin.

Les deux mécanismes de carcinogénèse actuellement retenus sont l'infection au VPH et l'inflammation chronique non traitée. Le VPH serait responsable d'environ 60% des néoplasies vulvaires.

L'apparence des lésions est variable : en plaque, ulcération ou masse surélevé. Les lésions peuvent aussi être unifocales ou multifocales. Elles sont retrouvées fréquemment sur les grandes lèvres mais peuvent être sises partout à la vulve. Les lésions peuvent être asymptomatiques, mais fréquemment elles occasionnent du prurit (démangeaisons), des saignements ou de la douleur.

La majorité des néoplasies seront de type épidermoide mais on peut retrouver aussi des mélanomes vulvaires et d'autres types de cancer plus rares. Le diagnostique se fait par biopsie dirigée d'une lésion suspecte sous anesthésie locale au bureau ou en colposcopie.

Mélanome

Le cancer peut progresser soit aux structures adjacentes (vagin, urètre, anus,...) ou métastasier aux ganglions inguinaux. Plus rarement et plus tardivement il peut aussi y avoir des métastases à d'autres organes.

La majorité des néoplasies vulvaires seront traitées chirurgicalement. Une évaluation gynécologique minutieuse sera effectuée et dépendant des risques de métastases soit ganglionnaires ou autres il pourrait être nécessaire de faire un bilan radiologique d'extension.

La chirurgie consistera en une vulvectomie radicale sectorisée en fonction de la taille et de la localisation de la lésion, l'évaluation du ganglion sentinelle (uni ou bilatéral) et avec possibilité de dissection inguino-fémorale. Selon les facteurs locaux, des marges de résection, de la présence ou non de métastases ganglionnaires, il pourrait être nécessaire d'ajouter une radiothérapie adjuvante de la vulve et/ou des régions inguinales et pelviennes.

Dans certaines circonstances, la lésion primitive est trop grosse et étendue aux organes adjacents et nécessiterait une chirurgie trop mutilante et un traitement de radiothérapie combinée à une chimiothérapie est choisi. Une chirurgie peut ou ne pas être nécessaire suite aux traitements dépendant de la réponse. (cf guide de pratique pour les néoplasies vulvaires).

La chirurgie vulvaire comporte un certain risque de complications post traitement. Au niveau local, sous l'effet de la tension une bonne proportion des plaies vulvaires peuvent s'ouvrir partiellement ou complètement durant la guérison. Il peut y avoir risques de lymphocèle au niveau des plaies inguinales (accumulation de lymphe) et il y a des possibilités de lymphoedème des membres inférieurs et qui peut être chronique chez certaines patientes. L'utilisation de la technique du ganglion sentinelle permet de diminuer ces risques mais pas complètement.

Hôpital Hotel-Dieu de Québec

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